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lundi 30 mars 2009

Manifeste pour un mouvement artistique néo-primitif : rejoignez-moi !

NPA ?? Neo Primitive Art ? J’ai bien sûr choisi ce nom par rapport au mouvement de Besancenot, le Nouveau Parti Anticapitaliste. Et finalement, ce n’est pas uniquement pour avoir plus de visibilité sur le web, ils ne sont pas si éloignés l’un de l’autre, comme on le verra, NPA, mouvement artistique contestataire

Ma petite vidéo doit donner un peu le ton. Pour ceux qui débarquent sur mon blog sans passer par la case youtube, cliquez sur le lien "video you tube" écrit à droite sous "Liens". Je félicite et remercie mon frère, infographiste, d’avoir su si bien rendre les idées que je lui avais soumises, avec mes pauvres petits dessins ! Si vous vous retrouvez sur la page de mon blog, c’est que le message vous a interpellé, peut-être désirez-vous partager votre expérience, vos réflexions, vos projets, pour créer un collectif d’artistes réunis autour de cette idée : dans le contexte actuel, contexte écologique, économique et social désastreux, le primitivisme peut être une réponse artistique. Alors je le dis tout de suite, je suis autodidacte, je n’ai pas fait d’école d’art, et mes expos ne dépassent pas le cadre de mon appartement, sauf une sortie exceptionnelle pour le carnaval, ainsi que vous pourrez le voir sur le blog. Je n’ai pas une très grande culture artistique, disons que je m’informe au gré des mes envies. Je ne suis pas très calée en philosophie, même si en écoutant Michel Serres sur radio Nova il y a quelques semaines, je me suis dit que ses réflexions vont dans le sens de ce que je pense rapport à l’environnement notamment. Je ne suis pas engagée politiquement, j’ai mes idées, mais pas de carte, je ne suis pas membre de Greenpeace, je suis juste adhérente à l’ANPCEN, l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes, et j’ai l’âme profondément écologique. Par contre, j’ai fait des études d’Ethnologie, j’ai donc des connaissances sur les sociétés dites « primitives », j’ai vécu au Brésil et en Guyane, en contact avec les Amérindiens, et je suis urbaniste de formation, alors je suis très sensible à toutes les interventions artistiques en milieu urbain, les interactions de l’art et de l’environnement en général, que ce soit dans l’environnement naturel ou urbain. Et j’ai eu un choc, et un déclic artistique en visitant le Musée des arts premiers du quai Branly pour la première fois. Voilà pour me situer…

Le primitivisme n’est pas une nouveauté. Je n’ai pas lancé cette idée de mouvement « néo-primitiviste » sans m’être renseignée au préalable sur le sujet. Alors il ne s’agit pas de faire une thèse, mais je vais quand même présenter quelques grands axes de ce que le primitivisme a été, pour en mesurer l’héritage, et s’interroger sur ce qu’il peut être aujourd’hui : sachant ce qu’a été le primitivisme, pourquoi s’en inspirer aujourd’hui, et de quelle manière ? Comment s’appuyer sur les Arts premiers pour créer un art qui conteste les dérives de notre société actuelle, qui s’interroge sur de nouveaux besoins de spiritualité, et propose des axes de réflexion, à travers les matières utilisées, le regard porté sur l’environnement,… par exemple. Rapport au sujet, j’ai essentiellement lu __Le primitivisme et l’art moderne, de Colin Rhodes, aux éditions Thames & Hudson, collection L’univers de l’art, 1997.

Je ne sais pas ce qu’il en est du primitivisme et de la création contemporaine. Sans doute serait-il intéressant de chercher justement dans les pays d’où provenait l’art primitif, en Afrique, en Océanie, en Amérique du nord et du sud, et de regarder les créations contemporaines des artistes de ces pays.__

Qu’est-ce que le primitivisme, si l’on se réfère au livre Le primitivisme et l’art moderne, de Colin Rhodes ? (je n’ai pas encore lu le livre en entier, voilà ce que j’en ai déjà retenu). Il s’agit d’un ensemble d’idées apparu en Europe occidentale au 18ème siècle, qui coïncide avec le début de la grande période d’expansion coloniale européenne. Celui qu’on nommait le « primitif », ou plutôt à l’époque le « sauvage », se trouvait en Afrique centrale et australe, aux Amériques et en Océanie. En Occident aussi on avait nos « primitifs » que sont les populations paysannes, les enfants et les fous. A ne pas confondre avec ce que l’on appelle en Histoire de l’art, les « primitifs », artistes traditionnellement considérés comme les précurseurs d’un nouvel art, provoquant une rupture avec la tradition passée et jetant les bases sur lesquelles une nouvelle tradition pouvait se construire, par exemple les premiers maîtres italiens d’avant-garde, les « primitifs italiens » du 13 ème au 16 ème siècle. Le terme « primitivisme » rassemble des réactions d’artistes aux idées sur le primitif, des années 1890 aux années 1940. Certains artistes se sont plus rapprochés des arts tribaux (les masques et les figurines ouest africaines, principalement de Côte- d’ivoire, du Gabon et du Congo, furent sans doute les sources d’influence les plus courantes dans les cercles artistiques parisiens durant les années qui précédèrent 1918), d’autres plus du mode de vie et d’expression des populations paysannes (notamment à Pont-Aven en Bretagne), ou des travaux des enfants, ou de ceux des fous. Un grand nombre de ces artistes venait de France, d’Allemagne et de Russie. Pêle-mêle, je citerai entre autres, sans aucun classement, Paul Gauguin, Karel Appel, Constantin Brancusi, Jean Dubuffet, Wassily Kandinsky, Paul Klee, Ernst Ludwig Kirchner, Pablo Picasso, Hans Arp, Max Ernst, … Le terme « néo-primitivisme » a déjà été employé, en Russie : fin 1909, une école néo-primitive dirigée par Larionov et sa compagne Gontcharova, avait émergé à Moscou, tournés vers les icônes, les plateaux et les panneaux d’orient, s’inspirant des traditions populaires et religieuses indigènes des populations paysannes de leur pays.

En quoi les primitifs ont-ils influencé ces artistes ? Il y a d’abord eu une influence formelle de l’art primitif sur la peinture et la sculpture modernes, notamment des emprunts formels à la sculpture africaine. Et aussi un intérêt pour l’ « esprit primitif », en particulier chez les dadaïstes et les surréalistes, marqué par des tentatives d’accès à des modes de pensée et de vision considérés comme plus fondamentaux. En effet, on considérait que le primitif était toujours plus instinctif, moins limité par les conventions artistiques et l’histoire, et plus proches des aspects fondamentaux de l’existence humaine. Le primitiviste se servait de ces idées pour contester ou subvertir sa propre culture, dans son ensemble ou dans certains de ses aspects. Les écrivains américains Arthur Lovejoy et George Boas, dans le livre Primitivism and Related ideas in Antiquity (1935) définissent le « primitivisme culturel » comme « le mécontentement du civilisé face à la civilisation ou face à un des ses aspects manifeste et caractéristique ». L’attirance du primitivisme pour l’enfance permet également d’exprimer le mécontentement par rapport à la société. On parlait donc d’une « pensée primitive », partant du principe que le primitif était une catégorie reconnaissable, unis par une organisation sociale et/ou un état psychologique communs. Claude Lévi-Strauss plaça la pensée primitive au même niveau que celle des peuples civilisés en termes qualitatifs, mais réaffirma l’idée d’un « esprit sauvage », distinct et différent, la pensée sauvage. En revanche, Darwin, dans son ouvrage La descendance de l’homme (1871) fut clair sur un statut évolutionniste – perçu comme inférieur - du sauvage, situant ce dernier au début du développement social, culturel et psychologique de l’humanité… Le « primitif » fut selon moi au centre de courants de pensée contestables et dangereux, du darwinisme social, qui tenderait à prouver que l’Occident a produit l’exemple d’humanité le plus élevé, aux dérives de sentiment national, s’appuyant sur la sur-valorisation des « primitifs » de l’intérieur, dans la période de montée du fascisme des années 30… Attention donc…

Pour terminer ce petit résumé, voici quelques exemples d’œuvres primitivistes. Artistiquement parlant, je suis plus attirée par l’influence de l’art primitif (dans le sens « art tribal ») sur la sculpture, et le travail du bois, que sur la peinture sur toile. Voilà pourquoi j’ai choisi les trois œuvres suivantes, c’est un parti pris tout à fait personnel et discutable.

Max Ernst, Moonmad, 1944

Jacques Lipchitz, Figure, 1926-1930

Karel Appel, Les enfants interrogateurs, 1949

Le commentaire qui en est fait dans Le primitivisme et l’art moderne, de Colin Rhodes résume bien les raisons pour lesquelles je cherche à m’inspirer des primitivistes : « Les simplifications formelles apportées à la silhouette humaine dans les sculptures d’Ernst, de Lipchitz, et de Moore font partie de leur tentative de dépouiller les objets des couches de complexité dont la civilisation a doté la perception des Européens modernes, et de mettre à jour des vérités primitives plus profondes. Ces œuvres ont en commun le désir de présenter ce que Jung appelait __des images archétypales, compréhensibles pour la plupart, indifféremment de la race ou de l’histoire__ ».

Voilà pour ce qui est du primitivisme et de l’art moderne. Et aujourd’hui ? En faisant quelques recherches sur le sujet, je suis tombée sur des articles concernant le « mouvement néo-tribal », prônant semble-t-il un mode de vie basé sur celui des tribus, et sur la pensée anarcho-primitiviste de John Zerzan, critiquant la civilisation comme oppressante, et défendant des modes de vie plus libres de sociétés dites primitives, mode de vie idéal de l’état sauvage… Ouh la la, loin de moi cette idée ! J’ai fait de l’Ethnologie, et selon moi le mode de vie de ces sociétés est loin d’être idéal ! Régi tout de même par des conventions et des codes très stricts, souvent un cloisonnement des activités hommes/femmes, je ne m’avancerai pas plus, je ne tiendrai pas des propos réducteurs, mais mon idée ne va pas dans ce sens-là en tout cas. J’ai également trouvé un site présentant un « mouvement idéo-réaliste », rencontre entre art tribal (aborigène et papou) et contemporain, cherchant à « plonger aux sources même de l’art primitif en réconciliant le beau et le sacré », et dont la galerie est à… Pont-Aven, tiens ! A contacter peut-être… Ma réflexion dans le domaine est récente, et donc pas encore aboutie. Ce que je retiens surtout des arts primitifs, que l’on qualifie aujourd’hui d’ « arts premiers », c’est un rapport privilégié à l’environnement, qui fait cruellement défaut actuellement, et qui va nous conduire à une impasse d’ici peu… Renouer ce rapport peut passer par les matériaux utilisés (pigments, terre, peintures non polluantes…), le recours aux matériaux de récupération, les thèmes évoqués,…La recherche d’une spiritualité, indépendamment des différents courants religieux, sans dogme, mais respectueuse de l’homme et de l’environnement. Redonner peut-être un peu de « magie » à notre quotidien. Et un refus du « tout-consommation », pour se recentrer sur des éléments plus essentiels…

Dans la forme, moi je suis plus tournée vers les sculptures en papier mâché. Mais cela peut passer par la peinture, ou encore la musique, ou d’autres formes d’art auxquelles je ne pense pas.

Sur le mode d’intervention artistique, je trouverais intéressant de faire interagir le public, dans un environnement urbain par exemple… L’art primitif était présent dans les fêtes, les rites, et dans le quotidien des gens : de même j’aimerais m’inscrire dans les espaces de vie quotidienne, et non pas exposer dans des lieux clos, réservés à l’art. Qu’il y ait une appropriation des objets artistiques, par les gens ou les éléments naturels. Vaste programme...

Je terminerai mon message par ces quelques phrases de Picasso qu’il formula en 1907, lors de sa découverte de l’art africain au Musée du Trocadéro, découvrant « ces masques, tous ces objets que des hommes avaient exécutés dans un dessein sacré, magique, pour qu’ils servent d’intermédiaire entre eux et les forces inconnues, hostiles, qui les entouraient, tâchant ainsi de surmonter leur frayeur en leur donnant couleur et forme. Et alors j’ai compris que c’était le sens même de la peinture. Ce n’est pas un processus esthétique ; c’est une forme de magie qui s’interpose entre l’univers hostile et nous, une façon de saisir le pouvoir, en imposant une forme à nos terreurs comme à nos désirs. Le jour où je compris cela, je sus que j’avais trouvé mon chemin ».

Peut-être un peu simpliste pour l’instant, pleine de bons sentiments et de candeur, ma démarche ne peut se conduire seule en tout cas…Alors n’hésitez pas à me laisser vos messages, vos remarques... Si vous me laissez un commentaire, mettez bien une adresse email où je peux vous joindre, pas juste un raccourci vers votre site personnel, car je reste souvent bloquée à la page d’accueil de l’hébergeur, et je ne peux pas donner de suite. Vous pouvez également m’écrire directement à l’adresse suivante : fantezi.creation@gmail.com : cliquez sur le lien "contactez-moi" en haut à droite de la page, rubrique "Liens".

à bientôt !!!!!!!!

mardi 10 mars 2009

le retour du papier mâché

je me suis remise au papier mâché, et ça fait du bien ! retrouver les sensations du grillage, que l'on modèle, que l'on triture, et les doigts dans le seau de colle à papier ! Il fallait d'abord que je redonne une tête à ma vache décapitée, et puis après, suivant l'inspiration... Mais premier objectif : trouver du grillage. Et cela s'est avéré plus difficile que je le pensais. En Guyane, je trouvais du grillage facilement, au mètre et pas trop cher : j'ai un peu oublié les dimensions et les prix, ce devait être de la maille 10 mm ou un peu plus petit, et par 1m de large, très pratique pour le géant. Mais en métropole, ce n'est pas aussi facile... J'ai d'abord été en magasin de bricolage, mais là je n'ai trouvé que du grillage en rouleau, au rayon jardinerie, la maille trop large, trop rigide, ou bien trop petite et du coup trop flexible, un grillage mou, et le prix ! Car il ne faut pas que la maille soit trop large, sinon le papier n'adhère pas bien, vu que la surface d'adhérence est moindre, et il faut pouvoir modeler le grillage, mais qu'il tienne une fois modelé. J'ai pensé qu'à la campagne je trouverais plus facilement du grillage, vu que les besoins semblent plus évidents. Mais pas question de prendre du grillage à poule, la maille est trop large. Je suis donc allée chez ma grand-mère, en Mayenne, et là, chez "le gars Pouit", j'ai trouvé du grillage de la marque Bekaert, maille 13 mm, vendu au mètre ou en rouleau, largeur 50 cm, diamètre du fil 0,65 mm. J'ai acheté un rouleau de 10m à 27 euros, soit 2,70m le mètre, je n'ai pas trouvé moins cher : si quelqu'un connaît des bonnes adresses pour le grillage, je suis preneuse !

Rouleau de grillage sous le bras, vieux journaux, colle à tapisserie : me revoilà dans le papier mâché. En direct (ou presque) du Salon de l'agriculture, je vous présente donc ma belle normande (il faudra faire quelques retouches maquillage je pense)

allez, encore une photo pour la lauréate de la catégorie "j'ai une vache dans mon appartement, que puis-je en faire ?"

Mais ceci n'était qu'une mise en bouche, histoire de se dérouiller un peu avant Le projet. Oui, j'avais promis : fini l'atelier dans le salon, terminés les bouts de grillage, le fil de fer, les cartons par terre, on aura un vrai salon, fréquentable... Ben ouais, mais il y avait cette lampe, qui ne servait à rien depuis l'emménagement, une lampe de rien du tout (Ikéa, 5 euros)

et puis une idée, une femme, maternelle, qui allaiterait la nature, la prendrait sur son sein, et dont le visage se confondrait avec celui d'un oiseau... Donc un premier croquis...

Et du croquis à la réalisation...me voilà relancée dans ces projets qui me donnent des ailes ! plus modeste que le géant, la lampe mesure 1,75m de haut. Vu le prix du grillage, j'ai commencé cette fois-ci avec plus de carton, et après le grillage. Donc d'abord l'ossature (cette fois-ci j'ai un peu plus réfléchi à l'ossature avant de me lancer)

Pour les proportions du corps, je n'ai pas cherché comme le géant à reproduire les proportions rélles du corps humain, c'est-à-dire, si j'en crois les mensurations de mon mari : tête 1/7, buste 2/7, jambes 4/7 (il fait 1,80m, j'ai rapporté à 1,75m, c'est pratique ça fait des "tranches de 25 cm ! un vrai mannequin !); mais, m'inspirant des statues africaines, un buste beaucoup plus grand, et réduire sur les jambes.

Une disproportion pour donner du caractère à ma femme, une posture aussi. Et la posture s'est faite d'elle-même, en mettant du poids dans la construction, elle s'est penchée sur l'avant, d'ailleurs il va falloir que je surveille ce déséquilibre, il faut quand même éviter qu'elle tombe ! Et j'ai essayé de lui donner une cambrure aussi. Et la poitrine, qu'est-ce que j'ai eu du mal à lui donner un aspect convenable ! Je ne sais pas si les hommes sont plus inspirés pour cela, mais moi, une femme, entre la forme des seins, la hauteur sur torse, bouh, ça a été laborieux !

Le problème avec le papier mâché, c'est que c'est vraiment très vilain lors de la construction ! On dirait une pub pour une marque de scotch (d'ailleurs ce n'est pas très écolo cet usage intensif du scotch). Mais je trouve que les artistes devraient plus montrer les étapes de leur travail, je trouve cela instructif... Une dernière photo encore, mais là c'est pour montrer ma toute nouvelle combinaison de travail, je suis trop fière ! Elle fait un peu neuve, cela manque de traces de peinture, mais je suis contente d'avoir finalement trouvé une combinaison à ma taille, parce lorsqu'on est une femme de 1,68m (je ne donnerai pas le reste de mes mensurations, non non, laissons un peu de mystère..), et bien ce n'est pas facile. Je n'ai pas trouvé de combinaison pour femme sur internet (en magasin de bricolage ne n'est même pas la peine, c'est taille bûcheron !), alors finalement sur le site de Biomidi, une entreprise de Toulouse, j'ai trouvé une combinaison taille 0, marque Adolphe Laffont, 41 euros...

oh la belle bleue !!!